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vendredi, décembre 23, 2011

301 - Cesaria Evoria - 27/08/1941 - 17/12/2011

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Cesaria Evora
(27/08/1941 - 17/12/2011)

La chanteuse capverdienne Cesaria Evora, appelée «la Diva aux pieds nus», est décédée samedi 17 décembre (à 11h 45, heure locale) à l'hôpital Baptista de Sousa de Mindelo, au Cap-Vert, a annoncé le ministre capverdien de la Culture, Mario Lucio Sousa.
Agée de 70 ans, la chanteuse internationalement célèbre, est morte dans son île natale de São Vicente, près de trois mois après avoir décidé d’abandonner la scène, car elle était très affaiblie.
Elle souffrait depuis longtemps de problèmes de santé et avait subi ces dernières années plusieurs interventions chirurgicales, dont une opération à coeur ouvert, en mai 2010.
«Je n’ai pas de force, pas d’énergie. Je veux que vous disiez à mes fans: excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir m’absenter pour cause de maladie, j’aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m’ont suivie depuis si longtemps», avait-elle dit au quotidien Français Le Monde lors de l’annonce de son retrait de la scène, le 23 septembre.
En avril 2011, elle apparaît en forme sur les planches du Grand Rex, à Paris. Puis le 23 septembre, ce coeur fragile, qui a "flanché" plusieurs fois, la pousse à renoncer à son addiction, la scène.
"La vie continue, je suis venue vers vous, j'ai fait de mon mieux, j'ai eu une carrière que beaucoup aimeraient avoir", avait-elle confié alors à Véronique Mortaigne du Monde.


Le gouvernement capverdien a décrété samedi un deuil national de 48 heures après la mort de la chanteuse, dont le président de la République, Jorge Carlos Fonseca, a estimé qu'elle était «l'une des références majeures de la culture du Cap-Vert». Cesaria Evora sera inhumée mardi à Mindelo.
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in: http://www.cesaria-evora.com/

dimanche, décembre 11, 2011

300 - Eric Legnini Quartet




Belle soirée en ce 10 décembre (journée internationale des droits de l'homme) au théâtre de la Colonne à Miramas. 150 personnes environ se sont déplacées pour assister au concert donné par le Eric Legnini quartet, avec Eric Legnini au piano, synthé, Franck Agulhon à la batterie, Thomas Bramerie à la contrebasse et Hugh Coltman au chant (magnifique).



samedi, décembre 10, 2011

299 - Métaquoi ? mais ta lepse voyons !


J’ai décidé de prendre quelques jours de vacances. Un bol d’air du bled ne me fera que du bien. Une dizaine de jours suffit. Le samedi à quatorze heures quarante j’ai pris le vol Marseille Oran, prévu pour douze heures trente, dans un airbus affrété par la mystérieuse compagnie aérienne algérienne Kewkew Airways. Une société privée qui a décollé étonnement plus vite que ses appareils, qui a détrôné en médiocrité la célèbre AA, compagnie étatique, qui en a détourné de nombreux commandants de bord et des centaines d’agents divers, stewards et hôtesses, chefs d’escales et commerciaux, sans que cela n’émeuve qui que ce soit. L’airbus devait prendre les airs à midi-trente. J’ai pris un cachet trente minutes avant l’heure d’envol, soit à midi, comme le stipule la notice du médicament contre le mal des transports. A midi quarante on nous a annoncé un retard dont la durée n’a pas été précisée. « Mercalm » a produit son effet alors que j’étais encore dans la salle d’attente, vissé à un bout de banc métallique et donc froid. En quelques minutes je me suis assoupi car le médicament contient du diménhydrinate et de la caféine… L’envol a eu lieu à quatorze heures quarante alors que j’étais complètement éveillé, alors que la trouille s’égayait paisiblement dans mon ventre mou, au bord de la crise. Je suis resté immobile dans le siège, agrippé à la ceinture. J’aurais bon gré préféré une camisole. Pour congédier ma néfaste appréciation du temps, je posais les yeux sur les lignes d’une page d’un journal ordinaire, puis sur celles d’une autre, puis d’une troisième. Je lisais et relisais, m’attachais à traduire le moindre mot obscur, à lui trouver un synonyme, à guetter d’éventuelles fautes de style, à commenter telle ou telle image, à comparer les couleurs, les caractères, parfois même à chatouiller mes narines avec cette odeur d’encre des rotatives, encore prégnante… J’ai tout lu, tout vu, tout senti. Rien n’a pu m’extraire du canard, pas même la sueur qui perlait sur le nez, sur les yeux, pas même l’hôtesse qui insistait, raseuse « désirez-vous du thé si el-haj ? », « Si el-haj moi, à mon âge, elle n’a pas honte ? » ai-je pensé. Je ne prêtais qu’une attention détachée aux unaccompagned minor qui braillaient, aux allées et venues mouvementées vers les toilettes, aux commentaires déplacés ou non des uns et des autres, qui, pour se donner bonne contenance en réponse aux vibrations de l’engin, se racontaient n’importe quoi en riant. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir à quoi que ce soit d’autre ou si peu. Evidemment de temps à autre une rapide et discrète prière me rappelait à la superficialité de mon être. Je suais alors de plus belle. Je déteste prendre l’avion, vous le savez tous. Lors de l’atterrissage, El-hamdouallah, mes mains sont demeurées agrippées, littéralement accrochées aux accoudoirs du siège jusqu’à ce que les roues de l’appareil crissent sur le tarmac salvateur de la Sénia d’Oran. Peu après je respirai une bassine d’air vicié de la Sebkha, qui s’est engouffré dans la cabine du zinc, aussitôt qu’on ouvrit ses portes. La Sebkha est le nom donné à l’immense étendue d’eau salée et pourrie qui jouxte la ville par son sud-ouest. Vous le saviez ? excusez-moi. Il ne serait pas juste de dire que les formalités douanières furent exécrables. Depuis quelques années, pour démentir les ragots (ou les informations) distillés à l’étranger qui prenaient des proportions incroyables, les responsables se sont pliés en quatre pour redorer le blason de la douane, de la PAF, de la police, des services secrets (El-khawas) pour se faire plus discrets…, des manutentionnaires, des employés et même des gardiens du parking… De l’aéroport un taxi m’a emmené jusqu’à la maison, à Arzew. C’est une belle ville côtière qui se trouve à une quarantaine de kilomètres de là. A l’est. Vous le savez aussi peut-être ? Je suis rentré directement chez mes hôtes qui s’impatientaient. Lamiel a passé dix jours dont elle n’oubliera pas les aléas de sitôt. Cette aventure en effet, est arrivée à Lamiel, oui Lamiel la plus populaire des écrivains maghrébins et la plus respectée pour ses descriptions sans concessions de la société archaïque, intolérante à l’égard des femmes. Elle ne me l’a pas contée lors de son passage express au Salon du livre de Paris en mars dernier, non, pas du tout. Cette histoire je l’ai entièrement inventée. Lamiel est réputée détester les avions. Elle n’en a jamais pris et n’en prendra jamais à ses dires. Quant à moi, chers lecteurs, je vous ai montré qu’il m’était possible aussi d’inventer des textes improbables. Lamiel elle, comme vous, me le pardonnera.

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® Texte de 2009, revisité en décembre 2011 - Cette métalepse s’inspire de Lamiel, un écrit posthume de Stendhal. (Genette in « Métalepse »). ®

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dimanche, décembre 04, 2011

298 - Bokra Tomorrow

videoBokra Tomorrow
       

30 artistes du Moyen-Orient et du Maghreb chantent Bokra (demain)

Le «We are the world» panarabe
«Nous sommes un nouveau jour, une bannière de paix. Nous sommes une flûte d’amour et un âme de musique. Nous sommes mille et une nuits des rêves de l’Orient». Tels sont les lyrics (paroles) du nouvel hymne pacifique tombant à point nommé avec le printemps arabe, diffusé en exclusivité sur la chaîne de télévision MBC et Platinium Records.

Ils sont une trentaine de chanteurs et chanteuses issus du monde arabe. Ils s’appellent Kadhem Essaher (Irak),
Majda Erroumi (Liban), Souad Massi (Algérie), Asma Lamnaouer (Maroc), Rim Banna (Palestine),  Saber Rebaï (Tunisie), Hayat El Idrissi (Maroc)… Et ils interprètent une chanson. Un clip. Un hymne. Mais avec une voix unique. Celle de la liberté, de la paix, la tolérance, l’espoir, la fraternité et l’amour en chœur pour ne pas dire en cœur… sur la
main : Bokra  (Tomorrow, demain). Avec en prime, une guest-star, Akon, le grand chanteur américano-sénégalais de R’n’B et la célèbre chanteuse colombienne Shakira, en guise d’«intro» et précieuse caution au projet Bokra. La chanson Bokra (Tomorrow) est une sorte de We Are The World panarabe (USA For Africa, 1985 contre la famine en Ethiopie, coécrite par Michael Jackson et Lionel Richie). Et, justement, produite par Quincy Jones qui avait été le chef d’orchestre et l’arrangeur de We Are The World et le producteur de l’album de tous les temps Thriller (1982) de Michael Jackson. Bokra (Tomorrow) a été enregistrée dans des studios à Rabat (Maroc) et à Dubaï (Emirats arabes unis) et un clip y a été tourné avec l’ensemble des artistes.


RED ONE AUX MANETTES


Yusuf Islam, alias Cat Stevens (Father And Son, Wild World...) devait participer à Bokra, en marge du Festival Mawazine de Rabat (du 20 au 28 mai 2011), comme il a été annoncé. Mais, vraisemblablement, il n’a pas été retenu. Et ce, sous les auspices de Quincy Jones en tant que producteur, en collaboration avec Red One, alias Nadir Khayat, le producteur américain d’origine marocaine — ayant collaboré avec Lady Gaga, Jennifer Lopez, Mika, Kat De Luna, Enrique Iglesias, Space Cowboy, Ciara, Shakira, Michael Jackson, Nicole Scherzinger, Usher et Lionel Richie —, Badr Jafar, producteur exécutif du projet Bokra (Tomorrow) et président du Global Gumbo Group (G3), Quincy D. Jones III (fils de Quincy Jones, producteur musical ayant officié avec Tupac, Ice Cube, and L. L. Cool J et mixé pour Prince, Lionel Richie, Everlast, Morcheeba, Queen Latifah…). Le clip Bokra (Tomorrow) a été réalisé par Malek Akkad (The Psychic Murder avec James Russo, Halloween), le fils de Mustpha Akkad, l’auteur du film Errissala.


LAISSEZ VOTRE EGO à l’ENTREE


Quincy Jones, certes, il est sympathique, mais il est intraitable avec les artistes.
A l’entrée du studio d’enregistrement à Rabat, il a collé une note à l’endroit des chanteurs arabes : «Prière de laisser votre ego devant la porte !».  Les lyrics (le texte initial en anglais) sont de Quincy Jones et la traduction en arabe a été conçue par la chanteuse libanaise Majda Erroumi. «J’espère que demain t’apportera mieux que toi, mieux que moi/Alors, tu ne devras jamais cesser d’aspirer à tes espoirs et rêves/Tu dois te lever, sortir, entrer pour être fort/Si nous essayons, nous pouvons voler vers d’autres endroits/Et nous ne serons jamais loin de demain, aujourd’hui/Tout ce que nous demandons, ce sont nos précieux rêves et des amis que nous croyons/Et nous allons délivrer partout  notre message d’amour», disent les lyrics de Bokra (Tomorrow).


QUINCY JONES, C’EST GUMBO !


Un hymne humaniste et pacifiste interprété par une pléiade d’artistes tels que Diana Karazon (Jordanie), Cheb Djilani (Libye), Salah Al Zadjali (Oman), Essa El Kubaisi (Qatar), Ahmed Hussein (Koweït), Asma Lamnaouer et Hasna Zallagh (Maroc), Tamer Hosny (Egypte), Latifa Arfaoui (Tunisie) ou encore Waed (Arabie Saoudite). Quincy Jones, présentant le projet Bokra (Tomorrow), dira non sans passion : «C’est une chanson d’espoir et de valeurs universelles, comme la tolérance. Nous croyons que les artistes peuvent changer le monde. Je suis fier que des artistes du Maghreb et du Moyen-Orient participent à la première création du Global Gumbo All Stars. Je remercie Red One pour la devise : ‘‘Love, live and give’’ (Aimer, vivre et donner), Majda Erroumi pour les lyrics en arabe, Siedah Garrett pour ceux anglais (la chanteuse américaine ayant écrit et fait les duos Can’t Stop Loving You et Man In The Mirror avec Michael Jackson sur l’album Bad, 1987). Nous avons-là les meilleurs talents de la planète. Le changement est dans le monde entier. C’est le pouvoir de la
communication ; ‘‘You got to go to no !’’ (Tu dois aller vers le non !)». Commentant le projet Bokra (Tomorrow), la chanteuse saoudienne dira : « Nous avons participé à ce projet musical aux côtés d’artistes venant de 16 pays du Moyen-Orient et du Maghreb. Aussi, avons-nous senti que nous étions fiers de participer à une chanson (Bokra) portant un message humanitaire et véhiculant la paix. Nous avons enregistré ce titre avec tous les artistes avec un seul cœur...».
Les recettes de diffusion et d’exploitation de Bokra (Tomorrow) seront versées au profit d’enfants du Maghreb et du Moyen-Orient, et ce, pour financer des projets éducatifs, musicaux et culturels ainsi que des bourses scolaires.
 

K. Smailin: El Watan dimanche 4 décembre 2011

jeudi, décembre 01, 2011

297 - Marre des courses Marge ! (A la manière d'Oster)


Je suis fatigué je dis bien que je suis bien fatigué Marge me fatigue voilà des semaines que quelque chose ne tourne pas rond entre nous je ne sais pas quoi exactement mais quelque chose ne tourne plus dans le bon sens le sens entendu… pourquoi roule-t-elle si vite ? et puis ce rituel des courses m’ennuie au plus haut point chaque samedi que dieu fait ce sont les mêmes gestes effectués les mêmes lieux visités ce matin encore elle fait la tête comme elle la fait souvent aujourd’hui elle fait la carpe et la moue parce que la liste des achats que j’ai minutieusement préparée est incomplète j’ai oublié les courgettes le poisson et le coca je ne prends jamais de coca j’aime pas le coca j’ai oublié aussi de prendre les chaussures pour le cordonnier mais je n’ai rien contre les cordonniers et cette voiture cette chose qui n’a plus d’âge elle nous lâchera dans pas longtemps le bruit que fait le pot d’échappement n’est pas rassurant elle nous lâchera… à la radio Neil Young veut vivre il nous prend à témoin c’est un moment de bonheur un moment comme un fétu de paille pourquoi est-il rarement diffusé… Neil Young… je connais beaucoup de ses chansons depuis Harvest. I want to live,/ I want to give / I've been a miner for a heart of gold... cette chanson remonte au début des années 70’ les années 70’… qui a dit que le temps n’était qu’un leurre qui a dit cette sottise le temps existe bien je l’ai vu vécu… j’arrivais du Bled à l’époque j’étais allé direct dans les pays du Nord. Copenhague, Oslo, Stockholm… Nous avions 20 ans et l’éternité éternelle devant nous l’horizon imperceptible lointain presque inexistant seuls comptaient les instants d’alors… Copenhague c’est le Tivoli d’accord mais c’est aussi Christiana et Nihavn et le camping je ne sais plus... tu vieillis mon cher tu ne te souviens même plus du nom… je ne m’en souviens effectivement pas mais cela me reviendra je revois cette fantastique soirée autour d’un immense feu de bois… nous étions bien une cinquantaine… je revois le grand noir de Chicago qui s’éreintait en répétant le même vers It's these expressions I never give, je n’ai pas oublié le parfum ouaté de Sandy… la belle Indienne posait sa tête sur tes épaules et vous ne disiez rien… nous nous taisions I've been a miner for a heart of gold elle venait de Santa Monica et l’autre répétait It's these expressions I never give… il jouait comme un pied et Sandy posait sa tête sur mes épaules… c’est elle l’indienne qui t’a appris plus tard que le black était complètement shooté That keep me searching for a heart of gold / And I'm getting old / pourquoi avais-tu imbécile refusé de l’accompagner au Casanova club?... je n’ai pas refusé d’accompagner Sandy pas du tout elle m’a demandé de l’attendre devant l’entrée principale du Camping dont le nom m’échappe non non ça y est il m’est revenu Bellahoj-Camping… oui c’est cela… on s’est perdu de vue… Sandy était une authentique indienne avec ses longs cheveux roux comme les cheveux d’un sioux… elle n’était pas sioux…. Elle n’était peut-être pas sioux mais elle m’avait invité à Santa Monica… une tignasse entièrement tressée… les cheveux coulaient jusqu’au bas du dos… nous étions convenus d’aller danser au Casanova club cela n’a pas été possible je ne me souviens plus de ce qui s’était passé… il s’était passé que tu l’as snobée imbécile… je la revois ma Sandy je revois son regard irisé lové dans des yeux grands et beaux comme des amandes vertes ou des billes de flipper I've been in my mind, it's such a fine line / I've been a miner for a heart of gold. Keeps me searching for a heart of gold… quel imbécile étais-je pourquoi l’ai-je abandonnée… je te le disais… quel imbécile… Qu’est-ce que ce parking ?… mince ou flûte ou… quelque chose ne tourne plus dans le bon sens le sens entendu jadis… pourquoi ce stationnement à l’américaine ? et puis ce rituel des courses m’ennuie au plus haut point chaque samedi que dieu fait ce sont les mêmes gestes effectués les mêmes lieux visités ce matin encore nous nous pointons devant le même centre commercial… encore et encore… Mais où est Marge ?
« Mais arrête Marge, arrête de crier, ne crie pas ! » pourquoi crie-t-elle?
« Trois fois Christian que je te demande de m’aider à prendre le caddy ! Trois fois et toi tu ne me réponds même pas, marre à la fin! »